HTML Document Fiche technique sur le SIBE (H29) Barrage Al Massira.

Date de publication 04/12/2006
Couverture géographique Maroc,
Mots-clefs zone protégée, zone humide,

  • Coordonnées : 32°30'N - 7°30'W.
  • Références des cartes : 1/100.000 – Bengrir.
  • Province administrative : Kelaat Sraghna – Settat.
  • Centre administratif proche : Skhour Rehamma.
  • District forestier : El Kelaa-Sghour / El Brouj.
  • Région biogéographique : n°10 - MOYEN OUM ER     RBIA.
  • Superficie: 14 000 ha.
  • Système foncier : Domaine public.
  • Usages : Production d'eau potable, d'irrigation et d'électricité. - Petite pêche commerciale.
  • Caractéristiques bioclimatiques : thermoméditerranéen aride.

Caractéristiques physiques     

  • Mis en service en 1979, il est pratiquement le plus grand barrage marocain actuellement en eau (superficie de 13 700 ha, pour une profondeur maximale de 60m). Il est alimenté presque exclusivement par le cours central de l'Oum Er Rbi'a. Il a une forme allongée, aux bords très sinueux, marqués par un grand nombre de ravins séparés par des crêtes. Certaines de ces crêtes, aux sommets dépassant la côte 263m, s'isolent en îlots à l'intérieur du lac. Un seul îlot émerge en permanence. Certains, proches de la digue, sont intéressants pour la nidification des oiseaux d'eau; ils n'ont pas été submergés en 1993, alors qu'ils l'ont été durant le printemps 1994 et n'ont émergé qu'au début du mois de juin.
  • Les versants sont en grande majorité découverts et rocailleux, boisés en partie en Eucalyptus, Jujubier, Pin, etc. Les cultures céréalières sont généralement loin de l'eau.
  • Les eaux de surface sont fortement minéralisées, chaudes (12-28°C), généralement limpides et leur pH varie autour de 8-9 (du moins près des bordures). Tout le long des bordures, les herbiers envahissent le milieu aquatique et constituent une ceinture de 10-50 mètres.

Flore    

  • Algues (Characées et Potamogeton sont très abondants, mais Zannichellia palustris est encore plus envahissante. Une ripisylve insignifiante et une typhaie/phragmitae ont existé à l'amont, le long du lit de l'Oum Er Rbi'a.
  • Quoique considérés comme gênants pour les pêcheurs et (probablement) pour la qualité des eaux potables, ces herbiers ont un certain intérêt pour l'avifaune nicheuse et pour la croissance des alevins de poissons.

Faune

  • En plus des barbeaux, constituant l'essentiel du peuplement piscicole autochtone, sept espèces de poissons ont été introduites dans cette retenue: Blue-gill, Black-bass, Sandre, Carpe commune,gambusie et plus récemment, les Carpes argentée et herbivore. Cette dernière semble donner des résultats très satisfaisants.
  • Les Oiseaux donnent actuellement à cette retenue une valeur écologique internationale, avec quelque 20 espèces estivantes, dont une douzaine de nicheurs : la Sterne hansel (environ 300, avec au moins 30 couples nicheurs), la Sterne naine (au moins 20 ind. et 2-4 nids), l'Echasse (>180, plusieurs nids repérés et poussins), Foulque macroule (1500 à 6000, mais quelques nids seulement sont visibles en juin), le Colvert et le Casarca (1500-3700 oiseaux. des deux espèces, plus de 75% de colverts, 20-30 nids trouvés dont la majorité contenaient des plumes de casarcas); la Glareole à collier (>10, 1-2 nids et poussins trouvés), les Grèbes Castagneux et huppé (nids décrits par les pêcheurs, signalés très rares), le Gravelot à collier interrompu et le Petit Gravelot (assez abondants et au comportement nicheur, jeunes observés en 1993), la Guifette noire (>3, plumage d'été); Oedicnème (>4, comportement reproducteur).
  • D'autres estivants ont été observés en faibles nombres (Flamant, Busard des roseaux et Aigrette garzette) ou plutôt très abondants (Bergeronette grise, Pipit rousseline).
  • Le Ganga unibande et le Courvite isabelle ont été vus sur les bas versants. Le Faucon crécerelle et la Chouette chevêche nichent sur la digue.
  • Les nids de sternes, d'échasses et de glaréoles ont été trouvés dans des amas de végétation aquatique sèche, de la terre graveleuse ou directement sur la roche mère. Les nombres de nids signalés sont certainement inférieurs à la réalité, en particulier les poussins devaient être en grands nombres, alors que certains îlots n'ont pas été prospectés (accès très difficile).
  • La végétation qui prolifère forme sur les bords du lac et sur les îlots un amas de débris blancs qui servent à l'aménagement de nids par les laridés et les limicoles; ces amas fournissent aussi de bonnes cachettes aux poussins de ces oiseaux.
  • Ce site n'a été visité qu'un hiver sur deux durant les douze dernières années et souvent il a fait l'objet de recensements partiels, vu les difficultés d'accès aux rives est et sud. 34 espèces y ont été notées en hivernage.
  • Un total de plus de 42.000 oiseaux a été comptés en janvier 1993, ce qui constitue un critère suffisant pour accorder à cette zone humide un intérêt international et l'inscrire sur la liste RAMSAR. Plus de 20.000 foulques macroules ont été recensées et 19.000 ansériformes, dont les plus abondants furent le Siffleur (7700), le Milouin (3800) et le Souchet (3000). Mais le plus surprenant est l'effectif de près de 2000 sarcelles marbrées, dont la régularité de fréquentation du site reste à vérifier. Six autres Canards y ont été observés en hivernage, avec des effectifs souvent inférieurs à 1000 oiseaux. L'observation de 280 nettes rousses et 80 morillons mérite d'être citée.
  • Les Grèbes sont relativement abondants, le G. à cou noir enregistrant jusqu'à 200 indi. pour des effectifs respectifs 270 et 80 pour le G. castagneux et le G. huppé.
  • Les grands échassiers sont parfois abondants, en particulier l'Aigrette garzette (<80), le Héron cendré (<50) et la Spatule blanche (30), sans oublier le Flamant rose (70).
  • Des laridés (Mouette rieuse surtout) et des limicoles (9 espèces) s'y observent mais en faibles effectifs.

Ecosystèmes et milieux     

  • Lac profond à îlots couverts de végétation basse; -- baies peu profondes avec herbiers et vasières (à l'amont).
  • Peuplement ornithologique tout à fait exceptionnel.