News Année Internationale de la Biodiversité, victime d'un effet d'annonce

Le Maroc vient de lancer officiellement les célébrations de l'Année Internationale de la Biodiversité (AIB) 2010, lors des cinquièmes Journées Oiseaux d'Eau et Zones Humides, organisées du 23 au 25 février à l'Institut Scientifique à Rabat.

Source Rachid Tarik / LE MATIN
Date de publication 09/03/2010
Couverture géographique Maroc
Mots-clefs CHM, Année Internationale de la Biodiversité 2010

Dans ce sens, le Secrétariat d'État chargé de l'Eau et de l'Environnement mènera avec ses partenaires nationaux et internationaux plusieurs activités pour favoriser une prise de conscience du grand public de l'importance de la biodiversité au Royaume. Si cette annonce ne peut que réjouir, il faut reconnaître qu'elle surprend. Jusqu'à présent, aucun programme officiel de ces festivités n'a été élaboré par le Comité national sur la biodiversité (CNB) à l'exception de deux événements à savoir l'organisation de la Journée de la Terre célébrée au Maroc en avril et la Journée mondiale de la biodiversité prévue en mai.

Depuis l'été dernier, le CNB, composé notamment des représentants de départements ministériels, d'instituts de recherche et d'ONG, s'est réuni pour préparer un programme de célébration de cet événement international. Plusieurs actions ont été prévues: journées scientifiques, sensibilisation dans les écoles, campagnes de plantation d'arbres par les écoliers, visites sur le terrain de projets de valorisation de la biodiversité...

Visiblement, ces initiatives sont restées lettres mortes. Pourquoi ? Selon Ahmed Skim, chef de la division des projets pilotes et des études d'impact au Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement et point focal national de la Convention sur la diversité biologique (CDB), la mise en œuvre de ce programme nécessite la mobilisation des différents départements ministériels, société civile, collectivités locales, instituts de recherche... «Tous ces acteurs sont invités à collaborer pour sensibiliser le public au rôle important de la biodiversité», indique-t-il.

Malheureusement, et d'après un responsable proche du dossier, les représentants des départements ministériels approuvent les idées suggérées lors des réunions du CNB, mais, il leur est difficile de concrétiser leurs engagements auprès de leur administration. Négligence, démotivation ou «je-m'en-foutisme» ? La réponse est ailleurs.

En attendant que les responsables se décident, le secrétariat de la CDB propose toutefois quelques idées pour célébrer la biodiversité. Selon lui, la mise en valeur des actions réussies en matière de protection de la biodiversité par le biais de l'organisation d'expositions et d'activités dans les musées, les jardins botaniques est recommandée. Autres actions à prévoir : visites de parcs, promotion de la Vague Verte (plantation d'arbres par les écoliers) et organisation de rencontres sur la biodiversité réunissant experts et célébrités. Par ailleurs, tout organisateur (administration, association, collectivité locale, institut de recherche…) d'un événement devrait le signaler au point focal national de la biodiversité qui se chargera de le transmettre au secrétariat de la CDB. Pour rappel, les pays signataires de la Convention de la Diversité Biologique en 2002 se sont fixé pour but d'assurer, à l'horizon 2010, une réduction de la perte de la diversité biologique. Aujourd'hui, aucun pays n'a réussi à atteindre cet objectif.

A l'occasion de la conférence internationale sur la biodiversité prévue en octobre prochain à Nagoya (Japon), la CDB devrait en effet se fixer de nouveaux objectifs d'ici à 2020. C'est à ce moment-là que devrait être négocié un nouveau régime international sur le libre Accès et du partage des avantages (APA) des ressources génétiques, dont les pays du Sud détiennent la grande partie du patrimoine mondial, mais ce sont les Etats du Nord qui en tirent le grand bénéfice.

Zones humides

Les zones humides sont soumises à de multiples pressions dont les plus importantes sont la perte d'habitats. Dans les régions du Gharb, Bas Loukkous, Bou Areg, Basse Moulouya... c'est l'assèchement direct par drainage qui est à l'origine de cette situation, indique le quatrième rapport national sur la biodiversité (2009). Dans les zones humides littorales, ce sont le recouvrement et le remblaiement au profit de l'agriculture et de l'urbanisation qui est mis en cause. Une situation vécue également dans les lagunes Merja Zerga, Sidi Moussa-Walidia, Nador et Smir.

En revanche, lit-on dans ce même document, ce sont les prélèvements de sable dans plusieurs sites qui sont à l'origine des pertes d'habitats ou de végétation émergente dans les bords dunaires des zones humides de Sidi Moussa-Walidia.

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