News Biodiversité : 2011, année internationale de la forêt

Les préparatifs pour la célébration de cet événement international vont bon train à l'étranger, mais pas à l'échelle nationale.

Source Rachid Tarik / LE MATIN
Date de publication 06/12/2010

Afin de renforcer les actions visant à promouvoir la gestion durable, la préservation et le développement des écosystèmes forestiers, l'Organisation des Nations unies (ONU) a déclaré 2011, Année internationale de la forêt.

Le rôle de cet écosystème naturel n'est plus à démentir en matière d'atténuation de l'impact du changement du climat et la protection de la biodiversité. Par ailleurs, les activités économiques relatives aux forêts font vivre environ 1,6 milliard de personnes. Malgré le rôle important des écosystèmes forestiers, il n'en demeure pas moins qu'environ 350 km2 de couverture forestière sont détruits quotidiennement à cause notamment de la conversion en terres agricoles, un abattage incontrôlé, une gestion des sols inefficace, etc. En lançant cette campagne, l'Onu espère obtenir le plus grand soutien en faveur de la protection et la mise en valeur de la forêt dans le monde et également faire prendre conscience du rôle de celle-ci dans le développement rural.

La célébration de cet événement international aura pour objectif la promotion des initiatives avec les gouvernements, les organisations internationales et la société civile, visant à gérer, conserver et développer tous les types de forêts. Partout dans le monde, des initiatives fleurissent pour célébrer cet événement international.

Déjà deux grands événements sont attendus : « China Planting Tree Day », qui sera organisé le 12 mars prochain à Pékin et la 6e Conférence européenne sur les Forêts, qui elle se déroulera du 14 au 16 juin 2011 à Oslo. Toujours à l'étranger, les préparatifs vont bon train et la célébration de ce rendez-vous prend aussi la forme d'excursion, de «Journées ou semaines de la forêt», de cours d'initiation à la foresterie, etc. Même les entreprises se sont emparées de ce sujet. Ainsi des sociétés de cadeau d'entreprises proposent aux patrons de profiter de cette occasion pour planter un arbre avec chacun de leurs clients.

Si la célébration de cet événement international a déjà commencé à mobiliser tous les acteurs concernés par la sauvegarde de la forêt (institutions, recherche, société civile, etc.) à l'étranger, il n'en est pas de même pour le Maroc. Pour le moment aucune action concrète n'est prévue à l'échelle nationale. Pourtant, la forêt marocaine est malade et perd annuellement quelque 31000 ha selon les chiffres officiels. Pour remédier à cette situation, le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification (HCEFLCD) mène notamment une politique de reboisement. « La campagne de reboisement 2010-2011, a été lancée pendant le mois d'octobre 2010, pour un coût global de 273 millions de DH et avec l'objectif de planter 47.000ha de forêt, soit une augmentation de 5% par rapport à la campagne 2009-2010 », indique un communiqué du HCEFLCD.

Toujours selon la même source, « cette campagne connaît la production de 40 millions de plants forestiers principalement des essences naturelles : cèdre, chêne-liège, arganier, thuya, caroubier et cyprès de l'Atlas.

Le HCEFLCD souligne également que « dans une optique de gestion de l'espace qui concilie développement socio économique et réussite des programmes de reboisement entrepris, le Haut Commissariat a adopté une approche participative et partenariale organisant les usagers de la forêt en 84 coopératives forestières, en groupements d'intérêt économique (GIE) et en plus de 108 groupements pastoraux, qui en participant à la valorisation des ressources forestières, à la gestion des espaces pastoraux et à la protection des plantations mises en défens, bénéficient de revenus injectés dans des projets socio-économiques locaux d'intérêt communautaire. »

Mais la question qui se pose aujourd'hui est la suivante : cette politique de sauvegarde et de conservation de la forêt nationale est-elle adaptée au changement climatique ? A cette interrogation, les Assises forestières, qui devaient se dérouler en octobre dernier sur le thème : « Forêt et changement climatique », devaient y répondre, mais celles-ci n'ont pas eu lieu.

Espèces forestières

« Le plan directeur de reboisement s'inscrit dans le cadre d'un programme décennal 2005-2014, qui a fixé l'objectif de reboiser 500.000 ha, à l'horizon 2014. Depuis 2005, plus de 170.000ha ont été plantés et les opérations de reboisement continueront au rythme de 47.000ha/an pour atteindre les objectifs fixés », indique le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification (HCEFLCD). «Cette opération de reboisement tient compte des spécificités de chaque écosystème, en termes de climat, d'espèces forestières d'environnement et de leur capacité de résilience écologique face aux changements climatiques et se réfère aux travaux de recherche forestière pour assurer la bonne maîtrise de la production de plants, de l'itinéraire technique, et de leur conformité avec les exigences des normes de qualité préétablies (qualité des semences, qualité du sol…)», souligne la même source.