News Comment le Souss sécurise son potentiel montagne?

 

Pour préserver la plaine, il faut sécuriser la montagne. Et c’est sur cet aspect que la Direction Régionale des Eaux et Forêts et de Lutte Contre la Désertification (DREFLCD) planche afin de mettre en place des actions dont l’objectif est d’assurer l’équilibre entre l’amont et l’aval dans un esprit de solidarité complémentaire.

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Source Fatiha NAKHLI
Date de publication 29/12/2014
Couverture géographique Maroc,
Mots-clefs Montagne, DREFLCD, Souss-Massa-Draâ,

La zone de montagne doit être intégrée dans la politique globale de développement économique du territoire. Tout l’intérêt ne doit pas porter que sur la ville mais aussi sur les douars et campagnes éloignés afin de réduire le taux de pauvreté. La célébration de la journée de la montagne a été pour la DREFLCD l’occasion d’asseoir cette politique vu que le sort des agglomérations et des terrains agricoles, au niveau des vallées et aussi des plaines, dépend inéluctablement de l’état de conservation et des modes d’exploitation de l’ensemble des montagnes les dominant.

C’est ainsi qu’a été lancé, dans le Souss-Massa-Draâ, le projet de conservation et de développement des montagnes de Télouet. Cette zone montagnarde représente la partie amont du Souss bassin versant d’Assif Marghen qui s’étend sur 1.200 km2 au nord de la ville d’Ouarzazate. Le projet du grand ensemble forestier de Télouet résulte de la mise en œuvre de projets inscrits dans le plan décennal, 2005/2014, de conservation et de développement des ressources forestières. Il constitue l’un des outils de planification au sein de la stratégie adoptée par le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.

A Télouet, le nombre de douars de la vallée est d’environ 52. Ils abritent une population de 14.700 habitants répartis sur 1.850 foyers. Les activités principales sont l’agriculture vivrière de céréales, et arboriculture notamment. Et aussi élevage et artisanat. L’importation des capitaux de la population en exode ainsi que les offres d’emplois réalisées par les projets de reboisement constituent également des apports de consolidation de l’économie locale. Il faut préciser que l’ensemble montagnard de la vallée de Télouet dispose d’un fort potentiel en termes de biodiversité floristique et faunistique, ce qui offre une opportunité de valorisation durable de toute la vallée, qui fait partie d’une grande région subatlasique vulnérable aux risques naturels liés au climat en particulier.

Toutefois, la région connaît des problèmes liés à l’érosion hydrique, ce qui cause des dégâts au niveau des infrastructures, à savoir les routes, les pistes et les points d’eau. Et aussi au niveau des terrains de culture. En même temps, la région contribue avec une grande part à l’envasement du barrage Mansour Eddahbi dont la capacité de stockage est de l’ordre de 530 millions de m3. Au terme du projet, cet envasement sera réduit de 70% dans la zone traitée. La correction des ravins par l’installation de seuils en gabion permettra d’un autre côté de protéger les parcelles agricoles en zone de montagne et de réduire le sapement au niveau des berges des oueds.

Parmi les autres objectifs du projet mené par la DREFLCD du sud-ouest, la protection de l’amont du barrage Mansour Eddahbi, la réhabilitation et la rationalisation des usages au niveau des écosystèmes forestiers du versant sud du Haut-Atlas central. Pour ces objectifs et depuis 2005, 4.900 ha ont été reboisés à base de Cyprès et de Pin d’alep. Sur la même période, ont été distribués 500.000 plants dont 350.000 d’olivier, 100.000 d’amandier et 50.000 de noyer. Ce qui a indirectement contribué à l’amélioration du revenu de la population cible. Il faut préciser que la pépinière de Télouet produit chaque année près de 600.000 plants forestiers dont 500.000 sont plantés dans les périmètres de reboisement et 100.000 distribués auprès des association locales et établissements scolaires. L’impact de toutes ces actions est bénéfique pour la population locale qui a bénéficié, et en exclusivité, de 800.000 journées de travail durant ces dix ans. Le désenclavement des populations riveraines a de même été possible via la facilitation du transport des produits avec l’ouverture de 120 km de chemins forestiers. Enfin, la population locale a été sensibilisée au concept des actions forestières, reboisement, correction des ravins.

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