News Conférence des Nations unies sur la biodiversité Le Maroc alerte sur la dégradation des sols

15,3% des sols au Maroc sont menacés de dégradation, comme le sont 19% en Égypte, 31% en Algérie et 12,6% en Tunisie, a indiqué à Charm El-Cheikh en Égypte Nezha El Ouafi, secrétaire d'État au Développement durable, au nom du Groupe des pays d'Afrique du Nord qui prend part à la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (du 14 au 29 novembre). Précédant la COP 24 en décembre prochain en Pologne, cette Conférence est consacrée à l'état de santé des sols dont la dégradation coûte au Maroc 0,54% de son Produit intérieur brut, selon la Banque mondiale. Ce taux est de 0,59% en Tunisie et de 0,80% en Algérie.

 

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Source lematin.ma/ECO DEVELOPPEMENT/Samir Benmalek
Date de publication 30/11/2018
Couverture géographique Charm El-Cheikh, Égypte
Mots-clefs Dégradation des sols,changement climatique,coût économique, pays africains.

«En dépit des efforts déployés par l'ensemble des partenaires, la lutte contre la dégradation des sols dans les pays africains est un défi majeur qui nécessite la contribution active de l'ensemble des parties concernées, autorités gouvernementales, secteur privé et société civile», a affirmé Nezha El Ouafi, Secrétaire d'État au Développement durable, au nom du Groupe nord-africain, au quatrième Sommet ministériel africain sur la biodiversité, tenue dans le cadre de la quatorzième Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique. En s'appuyant sur les chiffres de l'Observatoire du Sahara et du Sahel sur la période 2000-2015, Mme El Ouafi a indiqué que 15,3% des sols au Maroc sont menacés de dégradation, comme le sont 19% en Égypte, 31% en Algérie et 12,6% en Tunisie. Cette dégradation des terres a un coût économique que la Banque mondiale estime à 0,54% du Produit intérieur brut marocain, 0,59% en Tunisie et de 0,80% en Algérie. Pour freiner le phénomène de la dégradation de sols, la secrétaire d'État au Développement durable a rappelé l'initiative «Triple A» visant l'adaptation de l'agriculture africaine pour faire face aux défis du changement climatique et lancée lors de la COP 22 en 2016 à Marrakech.

L'Afrique se doit donc de doubler sa production agricole d'ici à 2030 et de la tripler d'ici à 2050. Lors de cette même COP, les gouvernements africains avaient lancé l’Initiative «Triple S» pour promouvoir la soutenabilité, la stabilité et la sécurité face à la migration causée par la dégradation des terres et le changement climatique. Malgré ces efforts, les défis à relever demeurent colossaux et se posent aux pays d'Afrique. Selon l'ONU-Environnement, la dégradation des écosystèmes coûte 68 milliards de dollars par an à l'Afrique. Ces pertes s'ajoutent aux 6,6 millions de tonnes de récoltes potentielles perdues et qui seraient capables de satisfaire les besoins calorifiques de 31 millions de personnes. Au niveau mondial, et selon le dernier rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, la dégradation des terres impacte 3,2 milliards de personnes et coûte plus de 10% du produit brut mondial annuel.

 

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