News Ressources halieutiques : des plans de gestion efficace des stocks s'imposent

Sur une quarantaine de stocks pour lesquels un diagnostic a pu être établi par l'INRH (Institut national de recherche halieutique), 50% sont jugés dans un état de surexploitation plus ou moins avancée, 40% sont considérés comme étant actuellement pleinement exploités et seulement 10% environ semblent encore peu touchés par la pression de pêche.

Source Nadia Benyouref / LE MATIN
Date de publication 18/06/2010
Couverture géographique Maroc
Mots-clefs Ressources halieutiques, Pêcheries, Exploitation, Syock

Devant un tel tableau, l'INRH ne cesse de tirer la sonnette d'alarme par rapport aux niveaux d'exploitation atteints par certaines ressources depuis une dizaine d'années.

Des pêcheries importantes comme celle poulpière, celle de merlu-crevette, ou même certaines pêcheries basées sur des espèces réputées pléthoriques (petits pélagiques de la zone centre Atlantique), sans oublier les activités d'extraction d'algues, se trouvent de plus en plus menacées et appellent à une mise en place urgente de plans de gestion efficaces. Des mesures techniques de gestion ont été introduites dans certaines pêcheries pour corriger les effets de ces facteurs de surexploitation à travers l'instauration de périodes et de zone fermée à la pêche. C'est notamment le cas dans la pêcherie poulpière.

Suite à son effondrement en 2003, elle a bénéficié, dans le cadre du premier plan d'aménagement mis en place par le MPM, d'une batterie de mesures techniques et d'un suivi renforcé par la recherche scientifique. Il s'agit des mesures de contrôle de la pression de pêche, et ce, par un contingentement des captures (TAC «total autorisé de capture» et quotas), une régulation de l'accès à cette pêcherie (révision à la baisse des capacités de pêche et leur stabilisation) ainsi que le maintien des périodes et zone de fermeture de la pêche. Ces mesures sont conjuguées à un cantonnement des flottes en fonction de leurs caractéristiques techniques et une réglementation des engins de pêche, et application du maillage et des tailles réglementaires. Les pêcheries de petits pélagiques, autres pêcheries importantes, se voient également dotées de plan d'aménagement/développement bénéficiant d'un arsenal de mesures similaires et adaptées aux spécificités de ces ressources.

Pour ces ressources comme pour les précédentes, l'INRH assure un accompagnement étroit de l'aménagement notamment en matière de surveillance des fluctuations d'abondances de ces ressources très variables et fortement influencées par l'instabilité environnementale. S'agissant de la pêcherie de merlu-crevette appelant également un plan de gestion urgent du fait la surexploitation, une réflexion sur un système de gestion par quotas est entamée entre le Département des pêches et l'INRH. D'ailleurs, pour cette ressource, celui-ci recommande l'anticipation de l'application de certaines mesures techniques déjà en vigueur dans les autres pêcheries. Les mesures techniques appliquées jusqu'alors, visant pour la plupart une protection des phases sensibles des espèces (maillage, zones et périodes fermées à la pêche, cantonnement des flottes,…) se trouvent ainsi renforcées dans le cadre d'un dispositif plus intégré mettant en place des plans de gestion par un système de quotas, spécifiques à chaque pêcherie.

La réduction des capacités de pêche pléthoriques par le biais d'une restructuration de la flotte, l'éradication des captures informelles par l'instauration d'un système de traçabilité, sont autant d'autres mesures mises en œuvre dans le cadre du Plan Halieutis et qui s'inscrivent dans la droite ligne des recommandations de la recherche. Ces mesures qui viennent renforcer le dispositif de gestion préparent le chemin vers une certification écologique des pêcheries.

Les causes de la surexploitation

Les observations réalisées par l'INRH à travers l'analyse des indicateurs biologiques et de l'exploitation comme à travers une cartographie des ressources, montrent que l'état de surexploitation dans plusieurs pêcheries importantes est principalement inhérent à plusieurs facteurs. Il s'agit, dans un premier temps, de l'accumulation des capacités de capture dans certaines pêcheries, rendant l'effort de pêche déployé sur les stocks cibles de ces pêcheries supérieur à l'effort optimal que peut supporter la ressource. L'ensemble des pêcheries exploitant des ressources présentent un intérêt commercial.

Le deuxième facteur de surpêche réside dans le régime d'exploitation en vigueur dans certaines pêcheries et qui trouve son origine dans l'utilisation des filets de pêche peu sélectifs à maillage étroit, conjugué à un effort généralement excessif au niveau des strates côtières ou se concentrent les juvéniles des espèces. Selon l'INRH, cette surexploitation touchant les individus n'ayant pas encore atteint une taille commerciale réglementaire, empêche une fraction du stock de se reproduire et donc se répercute à terme sur la capacité de renouvellement de ces ressources.

Repères

  • Plus de 600 espèces halieutiques sont recensées le long des côtes marocaines.
  • Les ressources présentant plus de 90% du potentiel halieutique marocain sont identifiées par les travaux de l'INRH, comme étant structurées en une cinquantaine d'unités de stocks mono ou pluri-spécifiques répartis sur différentes zones de la plateforme continentale.