News Une stratégie pour sauver les oiseaux

Une stratégie nationale de conservation des oiseaux et leurs habitats sera présentée prochainement. Elaborée en collaboration avec le Haut commissariat aux Eaux et aux Forêts et à la Lutte contre la Désertification, les instituts de recherches, les associations de défense de l'environnement et l'ONG internationale BirldLife, cette stratégie se déroule entre 2010 et 2015.

Source Rachid Tarik / LE MATIN
Date de publication 05/04/2010
Couverture géographique Maroc
Mots-clefs Oiseaux, Conservation, Stratégie

Elle sera renouvelée tous les cinq ans et se fixe comme objectif la conservation d'espèces globalement menacées (ibis chauve, courlis à bec grêle, etc.), ainsi que d'autres espèces vulnérables à l'échelle régionale (sarcelle marbrée, érismature à tête blanche, etc.). Autre volet de cette stratégie, la sauvegarde des habitats naturels, la protection des zones humides et l'arganeraie. Un habitat endémique qui recèle une afivaune particulièrement riche et unique sur le plan biogéographique et qui permet de retracer l'évolution de l'oiseau et son écosystème. « Dans la mise en place de cette stratégie, nous allons participer à la conservation des aires protégées et réserves biologiques telles que les parcs nationaux de Souss Massa, d'El Hoceima, de Merja Zerga, de Sidi Boughaba, à la sensibilisation des décideurs, à l'éducation à l'environnement ainsi qu'à l'actualisation des connaissances scientifiques sur les Zones d'importance pour la conservation des oiseaux (ZICO)», indique Imad Cherkaoui, coordinateur national de l'ONG internationale BirdLife.

Le souci de protection des oiseaux est associé également au maintien d'un développement économique. A cet effet, toutes les actions qui seront entreprises se feront en cohérence avec les projets de développement tels que l'Initiative nationale pour développement humain (INDH) et s'articuleront autour de la bonne gouvernance et de l'approche participative. « Intégrer la population locale dans la protection des ressources naturelles est une priorité de notre stratégie.

Dans ce sens, nous allons proposer aux habitants des solutions alternatives génératrices de revenus telles que notamment l'écotourisme. L'observation des oiseaux (birdwatching) est devenue une activité touristique en plein développement dans plusieurs pays», ajoute M. Cherkaoui.

Si cet engouement pour les oiseaux fait le plein ailleurs, il n'en est pas ainsi dans notre pays. Alors qu'une capture d'un petit oiseau peut coûter à son auteur dans certains pays européens une amende de 1.000 euros; au Maroc, des braconniers continuent d'effectuer un prélèvement énorme d'oiseaux chanteurs (chardonnerets, pinsons, etc.) dans la nature dans l'impunité la plus totale. Des études récentes ont montré que 75% de ces prises (oiseaux) meurent le premier jour de leur capture. Face à ce pillage, une loi interdisant le commerce illégal des oiseaux s'impose.

Il est à souligner que les pesticides et autres produits chimiques ont porté un coup dur à ces oiseaux. En effet, la concentration des polluants dans les écosystèmes s'introduit via la chaîne alimentaire et se concentre davantage chez les rapaces (vautours et aigles) au point que des chercheurs ont trouvé des taux très élevés de matières toxiques dans les organismes de ces prédateurs.

Cela a eu un impact très négatif sur leur reproduction (oeufs stériles, poussins qui n'arrivent pas à leur maturité, coquilles d'œufs fragilisés) et comportements de géniteurs dégénérés comme, par exemple, l'abandon de leurs poussins.

Autre élément: la déforestation avec une perte annuelle de 31.000 ha et qui s'accompagne de la destruction des habitats naturels.

Au Maroc, il existe 481 espèces d'oiseaux dont une douzaine ont dispar

Des centaines de nids pillés et vidés de leurs œufs

Les marécages de l'oued Moulouya ont toujours été un lieu de nidification pour plusieurs espèces d'oiseaux. Selon des études de MedWestCoast en 2003, un programme dont la finalité consiste à préserver des écosystèmes côtiers et des zones humides de la région méditerranéenne, le braconnage y est très développé et dévastateur puisqu'il arrive que des centaines de nids ont été pillés et vidés de leurs œufs en moins de 48 heures, faisant perdre à ce milieu sa valeur écologique de site de reproduction pour la multiplication et la conservation des espèces d'oiseaux migrateurs menacés.

Repères

  • La Journée mondiale des oiseaux migrateurs, célébrée les 8 et 9 mai prochain, mettra l'accent sur les oiseaux migrateurs globalement menacés.
  • L'ONG BirlLife exécute des programmes notamment ceux de l'Agence espagnole de coopération et de l'Union européenne dans le cadre du programme LIFE.
  • Selon une étude réalisée en 2006 concernant l'observation des oiseaux (birdwatching), un Américain sur cinq aime les observer. Cette activité a généré la même année 12 milliards de dollars.

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