News Zones humides : Un trésor écologique

Les services rendus par les écosystèmes naturels s'élèvent à 33 000 milliards de dollars. Quelque 50% des zones humides (ZH) ont disparu dans le monde. Ces zones fragiles qui sont aujourd'hui menacées également par le changement climatique appellent les décideurs à une action urgente.

Source Rachid Tarik / LE MATIN
Date de publication 16/02/2010
Couverture géographique Maroc
Mots-clefs Zones Humides, Journée Internationale

Pour inciter les politiques à sauver ces écosystèmes, il faut leur montrer l'importance des services rendus à l'homme et leur attribuer une valeur monétaire. Ainsi une enquête évaluait les écosystèmes naturels à 33 000 milliards de dollars, quant aux zones humides, elle avançait 14 900 milliards, soit 45% du total. Parmi les principales fonctions des ZH, la maîtrise des crues. Ces écosystèmes retiennent les fortes pluies, empêchant des inondations en aval. En stockant l'eau dans le sol ou en la retenant à la surface des lacs, des marais, les ZH remplacent les structures artificielles, construites à grands frais. Aux Etats-Unis, une étude a estimé que 0,4 hectare de ZH peut stocker plus de 6000 m 3 d'eaux de crue. Les ZH apportent d'autres bénéfices : la recharge des eaux souterraines, la stabilisation du littoral et la protection contre les tempêtes, la rétention et l'exportation des sédiments, l'atténuation des changements climatiques et l'épuration de l'eau.

Elles représentent également un réservoir de diversité biologique et une valeur socioéconomique. Ainsi des populations pauvres dépendent directement de ces régions. « Zone humide d'une grande valeur biologique, la lagune de Nador, par exemple, assurait dans le passé quelque 1000 emplois et 16 millions de dirhams par an pour les populations locales.

 Quelques zones humides classent le Maroc, par ailleurs, comme une grande étape migratoire entre l'Europe et l'Afrique. Un lieu où font escale des milliers d'oiseaux», a indiqué Mohamed Ribi, chef de la division des parcs et réserves naturelles au Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLD), lors de la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février dernier à Rabat sur le thème « Les zones humides, la biodiversité et les changements climatiques » assorti du slogan «Prendre soin des zones humides – une réponse aux changement climatique ». Une journée initiée par le HCEFLD en partenariat avec la Société protectrice des animaux et de la nature (Spana-Maroc), le Groupe de recherche pour la protection des oiseaux (Grepom), l'ONG internationale Birdlife et célébrée dans le cadre de l'Année internationale de la biodiversité. Pour sa part, le secrétariat de la Convention Ramsar pour les zones humides a souligné dans son message « que non seulement les zones humides doivent être un élément essentiel de tout progrès dans la lutte contre les problèmes mondiaux engendrés par les changements climatiques, mais que ces problèmes doivent être traités de manière globale, plurisectorielle, en se fondant sur les écosystèmes.

Toute solution partielle à tel ou tel problème pourrait avoir des conséquences imprévisibles, avec des effets négatifs sur d'autres secteurs et aggraver un peu plus les problèmes généraux». Mais avant d'arriver à ce stade, il est nécessaire comme l'ont souligné des participants d'abandonner notre vision techniciste de la gestion des zones humides tout en introduisant davantage de gouvernance dans ce domaine. Si le Maroc a ratifié depuis 1980, la convention Ramsar, il n'a toujours pas institutionnalisé le comité national Ramsar. De même, il faut bien noter que la loi sur les aires protégées tarde depuis longtemps à voir le jour. « Plus nous tardons, plus il sera difficile de récupérer ces écosystèmes qui sont vraiment menacés.

 Désormais, il faut être plus rigoureux en matière d'études d'impact environnemental», a indiqué Mohamed Dakki, professeur à l'institut scientifique, université Mohammed V-Agdal à Rabat. Cet universitaire a appelé également à l'amélioration du statut du Centre marocain des zones humides et l'actualisation du Réseau nord africain des zones humides.

Epuration d'eau

Les plantes et les sols des zones humides jouent un rôle important en épurant l'eau. De grandes quantités de matières nutritives, telles que le phosphore et l'azote qui proviennent généralement du ruissellement agricole, sont efficacement éliminés par les zones humides. Celles-ci préviennent ainsi l'eutrophisation en aval, un processus qui favorise la croissance rapide de plantes et d'algues et entraîne un appauvrissement de taux d'oxygène qui affecte d'autres espèces. Cette fonction d'épuration peut également empêcher que de fortes concentrations de ces matières nutritives n'atteignent l'eau souterraine ou d'autres sources d'eau de consommation. Beaucoup de plantes des zones humides ont la capacité d'éliminer les substances toxiques provenant des pesticides, des décharges industrielles et des activités minières.

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