Story La 4ème Editon des Perspectives Mondiales de la Diversité Biologique (GBO-4)

 La 4ème Editon des Perspectives Mondiales de la Diversité Biologique (GBO-4)

Les Perspectives mondiales de la biodiversité est la publication phare de la Convention sur la diversité biologique. Il s'agit d'un rapport périodique qui résume les données les plus récentes sur l'état et l'évolution de la biodiversité et tire des conclusions pertinentes pour la mise en oeuvre future de la Convention. La quatrième édition des Perspectives mondiales de biodiversité a été officiellement lancée lors de l'ouverture de la Douzième réunion de la Conférence des Parties (COP 12) à la Convention sur la diversité biologique tenue à Pyeongchang en Corée en octobre 2014. La quatrième édition des Perspectives mondiales de biodiversité (GBO-4) décrit les progrès dans la réalisation des objectifs d’Aichi pour la biodiversité ainsi que les mesures nécessaires pour accélérer  et mettre en action des démarches concrètes pour réaliser les perspectives de la vision 2050 qui prévoit de mettre fin à la perte de biodiversité. Le GBO-4 s’appuie sur les objectifs, les engagements et les activités dont les pays ont rendu compte dans leurs stratégies et plans d’action nationaux pour la diversité biologique (SPANB) et dans leurs rapports nationaux, ainsi que sur les évaluations des Parties elles mêmes des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs d’Aichi pour la biodiversité.

Release date 02/12/2014
Geographical coverage International,
Keywords biological diversity
Concerned URL http://www.cbd.int
Source Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (2014) 4ème édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique.

Introduction :

La principale conclusion du GBO-3 était que l’objectif adopté par les pays en 2002 de réduire considérablement le taux d’appauvrissement de la diversité biologique avant 2010 n’avait pas été atteint. Les conclusions du GBO-3 constituent l’arrière-plan du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, adopté à la dixième réunion de la Conférence des parties à la CBD à Nagoya, au Japon, en 2010. Il comprend une série de 20 objectifs (les objectifs d’Aichi pour la biodiversité), dont la plupart ont un échéancier de 2020, visant à réaliser une vision à l’horizon 2020 d’un monde où la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse.

Le Plan Stratégique 2011-2020 est une stratégie pour le développement durable, comprenant cinq Buts stratégiques fondamentaux interdépendants, qui abordent :

  1. But stratégique A : Gérer les causes sous jacentes de l’appauvrissement de la diversité biologique en intégrant la diversité biologique dans l’ensemble du gouvernement et de la société.
  2. But stratégique B : Réduire les pressions directes exercées sur la diversité biologique et encourager l’utilisation durable.
  3. But stratégique C : Améliorer l’état de la diversité biologique en sauvegardant les écosystèmes, les espèces et la diversité génétique.
  4. But stratégique D : Renforcer les avantages retirés pour tous de la diversité biologique et des services fournis par les écosystèmes.
  5. But stratégique E : Renforcer la mise en œuvre au moyen d’une planification participative, de la gestion des connaissances et du renforcement des capacités.

Résultats des Progrès dans la réalisation des objectifs d’Aichi :

  • But stratégique A (Gérer les causes sousjacentes de la perte de la biodiversité)

Les quatre objectifs dans le but stratégique A sont principalement axés sur les interventions s’attaquant aux causes sous-jacentes de la perte de biodiversité. Les indicateurs d’intervention relatifs à ce but, notamment les mesures visant à promouvoir une consommation et une production durables, affichent une tendance positive.

Les extrapolations indiquent une hausse de tous les indicateurs de pressions relatifs au But A (l’empreinte écologique, l’empreinte aquatique et l’appropriation humaine de la productivité primaire nette), bien que l’intensité de l’utilisation des ressources mesurée en termes de ressources par dollar de l’économie (PIB), soit en baisse au cours des dernières décennies, signifiant une amélioration de l’efficacité à l’exception de l’utilisation de l’eau qui a augmenté aussi bien en termes absolus qu’en intensité.

La sensibilisation du public à la biodiversité a augmenté tant dans les pays développés que dans les pays en développement (Le niveau de sensibilisation à la diversité biologique au Brésil est de 96%, la  Chine : 94% et la France : 95%).

  • But stratégique B  (Réduire les pressions directes)

Les indicateurs relatifs au but B font également ressortir le contraste entre l’amélioration des interventions d’une part et l’accroissement des pressions et le déclin de l’état de la biodiversité d’autre part.

Bien que la certification de durabilité soit de plus en plus utilisée pour les produits forestiers et les pêcheries, les pressions exercées par l’effort de pêche, l’utilisation de l’azote et les espèces envahissantes devraient toutes augmenter, selon les projections, jusqu’en 2020. Onze mesures distinctes de l’état des habitats et des espèces indiquent un déclin continu.

Les mesures prises dans certaines régions pour limiter le rejet de nutriments dans l’environnement ont conduit à une stabilisation de cette pollution, en particulier en Europe et en Amérique du Nord, mais les niveaux demeurent dangereux pour la biodiversité.

Les extrapolations indiquent que le surplus d’azote et de phosphore dans l’environnement à l’échelle mondiale continuera d’augmenter au-delà de 2020, ces taux d’augmentation étant concentrés en Asie, Amérique du Sud, Amérique centrale et Afrique sub-saharienne.

La perte d’habitats forestiers dans certaines régions, par exemple l’Amazonie brésilienne, a réellement diminué au cours des dernières années, on compte une réduction impressionnante du déboisement au Brésil, de prés de 20000 hectares par an en 2000 à moins de 5000 hectares en 2013.

La surpêche continue d’être un problème sérieux, 30% des stocks de poissons étant définis comme surexploités. Les chiffres de la FAO indiquent une légère amélioration pour 2011 (28,8% des stocks surexploités par rapport à 32, 5% en 2008).

  • But stratégique C  (Améliorer l’état de la diversité biologique)

Deux indicateurs de l’état de la biodiversité relatifs au but C, l’indice Planète vivante et l’indice de la Liste rouge, révèlent des déclins et l’extrapolation prévoit des déclins continus jusqu’en 2020, si les conditions actuelles se maintiennent.

Les interventions affichant des tendances positives comprennent la couverture des zones protégées, leur efficacité, leur représentativité écologique et le degré de protection des sites clés pour la biodiversité.

Près d’un quart des pays ont déjà dépassé l’objectif de protéger 17% de leur superficie terrestre. Au rythme actuel, les objectifs de pourcentage seraient atteints d’ici à 2020 pour les aires terrestres, prévision qui est renforcée par les engagements existants de créer des aires protégées additionnelles. Les extrapolations suggèrent que l’objectif ne sera pas atteint dans le cas des zones marines.

  • But stratégique D  (Renforcer les avantages)

Le seul indicateur pertinent pour évaluer le but D c’était l’indice de la Liste rouge pour les pollinisateurs qui révèle qu’en moyenne ces espèces sont poussées un peu plus vers l’extinction.

Le Protocole de Nagoya dont le but est d’assurer un partage plus équitable des avantages découlant de l’accès aux ressources génétique et de leur utilisation est  entré en vigueur le 12 octobre 2014 à la suite de sa ratification par 51 Parties à la Convention sur la diversité biologique.

Des évaluations régionales récentes ont confirmé une tendance vers le déclin des services fournis aux populations par les écosystèmes à l’échelle mondiale. Par exemple, l’évaluation nationale des écosystèmes du Royaume-Uni de 2011 a conclu que quelque 30% des services fournis par les écosystèmes sont en déclin, principalement en raison du déclin de l’étendue et de la condition des habitats qui fournissent ces services.

  • But stratégique E (Renforcer la mise en œuvre)

Les indicateurs utilisés pour le but stratégique E se rapportent aux interventions et comprennent des indicateurs relatifs à la disponibilité des données et des connaissances, au financement de la conservation, et à l’aide au développement.

Ces indicateurs ont montré de récentes hausses, ce qui révèle une évolution positive vers la réalisation de ce but, et les projections prévoient des hausses continues jusqu’en 2020, mais la capacité d’échange et d’utilisation de ces connaissances demeure un obstacle.

A ce jour, 179 des 194 Parties à la Convention ont élaboré des SPANB, dont 57 demeurent d’actualité. Actuellement, les Parties mettent à jour leurs SPANB conformément au Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020. Au 1er août 2014, 27 d’entre elles avaient terminé leur mise à jour.

L’évaluation mondiale des ressources nécessaires à la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 a conclu que le coût de la réalisation des objectifs d’Aichi pour la biodiversité se situeraient entre 150 et 440 milliards d’USD par an. Les pays donateurs se sont engagés à fournir 4,43 milliards d’USD pour soutenir les pays en développement dans la prévention de la dégradation de l’environnement mondial pendant une période de quatre ans, dont 1,30 milliard pour la biodiversité.

Perspectives :

  • Élaborer et mettre en œuvre des actions, stratégies et campagnes de sensibilisation en employant des messages et des techniques spécialement adaptées aux publics cibles en s’inspirant de l’expertise en marketing social et en diffusant à l’échelle nationale des exemples pertinents ou des études de cas sur l’importance de la diversité biologique.
  • Etablir et maintenir des comptabilisations nationales des stocks de ressources naturelles (telles que les forêts et l’eau) importants pour la biodiversité et dans la mesure du possible, intégrer celles ci dans les comptes financiers nationaux.
  • Éliminer, réformer ou réduire progressivement les subventions qui contribuent à des capacités de pêche excessives, ainsi que de renforcer la surveillance et l’application de la réglementation dans chaque pays afin d’empêcher la pêche illégale, non réglementée et non déclarée des navires battant pavillon.
  • Mettre en place, d’ici à 2015, des mesures législatives, administratives ou politiques et des structures institutionnelles pour la mise en application du Protocole de Nagoya, et entreprendre les activités de sensibilisation et de création de capacités associées, notamment en travaillant avec les communautés autochtones et locales et le secteur privé.
  • Élaborer des plans financiers nationaux pour la biodiversité, dans le cadre des stratégies et plans d’action nationaux .Ces plans devraient identifier clairement les besoins de financement, les déficits et les priorités afin de permettre une utilisation plus ciblée des ressources  ainsi que l’Intégrer dans les plan de développement nationaux et/ou les plans nationaux de coopération au développement.