Story À la COP 25, le Maroc propose un centre mondial pour la préservation de la biodiversité

Afin d’asseoir les bases d’une économie associant exploitation raisonnée des forêts et gestion durable des ressources hydriques du Bassin du Congo, Monsieur  Aziz Rabbah, Ministre de l’Énergie, des Mines et de l'Environnement, a mis à profit sa participation à une réunion consacrée à ce Bassin pour proposer des pistes « pour garantir la réussite du modèle socio-économique du Bassin du Congo, notamment à travers la création d’un Centre mondial pour la préservation des ressources naturelles dans la région du Bassin du Congo ».

Le Bassin du Congo, considéré à juste titre comme le deuxième poumon de la terre après la forêt amazonienne, constitue un grand réservoir de biodiversité. Ses forêts sont victimes d’une exploitation abusive et ses espèces animalières souvent menacées d’extinction. La superficie du Bassin du Congo est estimée à 520 millions d’hectares, selon la FAO. La forêt représente à elle seule près de 200 millions d’hectares, soit 38,4 pour cent de la superficie du bassin. C’est donc 30 pour cent de la couverture végétale du continent africain qui s’y trouve et 19 pour cent des forêts tropicales du monde. Ces forêts disposent de produits ligneux et non-ligneux. Dans ce gigantesque réservoir, 10 000 espèces végétales ont été identifiées, dont environ 3 000 sont endémiques. Le Bassin du Congo représente également 440 000 hectares de plantations forestières dominées pour l’essentiel par des essences à croissance rapide telles les eucalyptus et les pins.

Avec les commissions du Sahel et des petits États insulaires, celle du Bassin du Congo a été lancée à l’initiative du Maroc lors de la COP 22 à Marrakech. 

Release date 11/12/2019
Geographical coverage Morocco
Keywords Conference of the Parties (COP)
Concerned URL https://lematin.ma/journal/2019/a-cop-25-maroc-propose-centre-mondial-preservation-biodiversite/327452.html
Source Le Matin

À Madrid, le Fonds vert pour le climat a fait part de son intention de mettre en place un programme dédié au Bassin du Congo afin de soutenir les projets d’investissement identifiés. Cet intérêt porté au Bassin du Congo, où se concentre 10% de la biodiversité mondiale, s’est exprimé à Madrid qui accueille jusqu’au 13 décembre les représentants de quelque 200 pays signataires de l’Accord de Paris.

Monsieur Aziz Rabbah, Ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement, a mis à profit sa participation à une réunion consacrée à ce Bassin pour proposer des pistes «pour garantir la réussite du modèle socio-économique du Bassin du Congo, notamment à travers la création d’un Centre mondial pour la préservation des ressources naturelles dans la région du Bassin du Congo», indique un communiqué du ministère.

La commission du Bassin du Congo, avec celle du Sahel et des États insulaires, a été mise sur pied lors du Sommet des Chefs d’État africains, en marge de la COP 22 en novembre 2016. La création du Fonds bleu du Bassin du Congo a été réalisée grâce à l’apport technique du Centre marocain des compétences sur le changement climatique. Lors de la deuxième journée de la COP 25, Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, a rappelé que l’étude, qui a entamé sa dernière phase, vise à définir le programme d’investissement. Denis Sassou Nguesso a également rappelé la sélection de 190 projets pour une enveloppe budgétaire de 6 milliards de dollars. Lors de la COP 24 en Pologne, Arlette Soudan-Nonault, ministre du Tourisme et de l’environnement de la République du Congo, avait déclaré : «Nous n’avons pas d’inquiétude à nous faire.

Le Maroc nous accompagne dans les projets climatiques. Ce n’est pas de la flatterie, mais c’est la réalité», a-t-elle tenu à souligner sous le regard approbateur de Rajae Chafil, directrice du Centre marocain des compétences sur le changement climatique. « Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo vise à renforcer l’approche écosystémique de gestion intégrée du massif forestier et des eaux du Bassin du Congo, zone géographique couverte qui comprend plusieurs bassins hydrographiques et d’importantes zones côtières», explique la Fondation éponyme. De par leur accès difficile, une grande partie des forêts d’Afrique centrale est restée relativement peu touchée par les activités humaines, telles que l’exploitation forestière et minière industrielle, se réjouit l’Unesco. Un Centre mondial de la biodiversité serait donc la bienvenue.